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#XrisStories 18 - Être à côté d’elle 🇲🇺

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« Papa, c’est difficile de changer d’endroit. Mes amis me manquent. »

Cette phrase, ma fille me l’a dite il y a quelques jours.

À 11 ans, elle vient de quitter le pays où elle est née.

Son école.

Ses amis.

Ses habitudes.

Ses repères.

Maurice, elle connaissait déjà. Nous y sommes venus très souvent en vacances.

Mais partir en vacances quelque part et y construire sa vie sont deux choses très différentes.

Nouvelle maison. Nouvelle école. Nouveaux amis.

Et surtout, la « grande école ».

Il y a encore quelques mois, elle faisait partie des grandes de son école. Aujourd’hui, elle fait de nouveau partie des petites.

Elle découvre de nouveaux professeurs, qu’elle aime beaucoup pour certains. Un food truck qu’elle adore. 😅 De nouvelles règles qu’elle apprécie nettement moins. Des bâtiments différents entre lesquels il faut se déplacer.

Bref, une nouvelle vie à apprivoiser.

Certains jours, elle rentre ravie.

D’autres, elle me dit que c’est difficile.

Et parfois, les deux à quelques minutes d’intervalle.

À cet âge-là, les émotions ne suivent pas toujours une ligne droite.

Je la regarde pourtant avancer.

Elle parle aux autres facilement. Elle commence à se faire des amis. Elle pose des questions. Elle s’adapte.

Et je réalise surtout quelque chose.

Ce changement, c’est nous, ses parents, qui l’avons décidé. Pas elle.

Je l’ai décidé avec mon regard d’adulte.

J’ai réfléchi au futur, aux opportunités, à la qualité de vie, à ce que cette expérience pourrait lui apporter dans quelques années.

Elle ne se pose évidemment pas toutes ces questions.

Elle vit aujourd’hui.

Et aujourd’hui, parfois, ses amis lui manquent.

Alors j’essaie simplement de l’accompagner.

Et curieusement, l’un de mes moments préférés est devenu le trajet de l’école.

À Londres, elle était à quelques mètres de chez nous.

Ici, il faut prendre la voiture. Il y a souvent beaucoup de circulation.

Mais matin et soir, pendant quelques dizaines de minutes, nous sommes juste tous les deux.

Elle me raconte ce qu’elle va faire.

Puis ce qu’elle a fait.

Les profs. Les copines. Les trucs géniaux. Les trucs nuls.

Et j’écoute.

Je ne sais pas encore ce qu’elle retiendra de tout ça dans dix ou vingt ans.

Mais je pense que changer de pays à 11 ans, perdre certains repères et en reconstruire de nouveaux lui apprendra quelque chose que l’on enseigne difficilement dans une salle de classe.

La résilience.

Et peut-être que mon rôle n’est pas de lui expliquer comment être résilience

Simplement d’être à côté d’elle pendant qu’elle le découvre. 🌱

 

#BuildingWhatMatters